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Chroniques ventrocratique
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Jiji



Inscrit le: 07 Sep 2006
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Posté le: Dim, 03 Aoû 2008 19:08:31    Sujet du message: Chroniques ventrocratique  

Cette terre est à nous, foi de paysans
LE MONDE | 23.02.08 | 15h02 • Mis à jour le 24.02.08 | 19h09SHENGZHUANGCUN (province du Jiangsu), ENVOYÉ SPÉCIAL

Sous la neige, on devine des murets à moitié écroulés, des tas de briques et de planches. Par endroits, une poutrelle se dresse vers le ciel. La maison d’He Xiawei était à l’entrée du village de Shengzhuangcun. Celle de Tang Zhonglian se trouvait en hauteur, il n’a pas le coeur à montrer son emplacement. Ce furent les deux dernières à être détruites, le 14 janvier. “C’est un site exceptionnel, c’est pour ça qu’ils le voulaient”, dit ce dernier. Les ruines font face à une vaste bambouseraie qui accueille depuis plusieurs années des touristes pour un prix d’entrée prohibitif, et qui a donné son nom, la “mer de bambous”, ou Zhuhai en chinois, au village élargi formé des anciennes localités fusionnées entre elles.

Un nouveau complexe hôtelier est déjà en chantier, tout près. Voici ce paysage vallonné couvert de bambous et de plantations de thé promis au tourisme de masse alors qu’il avait été épargné par le développement industriel intensif qui a défiguré cette région du Jiangsu, célèbre pour ses théières en argile, non loin de Wuxi.

Des 250 familles de Shengzhuangcun qui se battaient depuis plus d’un an contre l’expropriation illicite, selon elles, de leurs terres collectives, neuf avaient résisté jusqu’au bout. Début décembre 2007, les démolisseurs, protégés par des policiers casqués, lançaient leur assaut final. “J’ai été empoigné par les cheveux et me suis retrouvé dehors, en chemise”, dit Lu Jianxin, un homme d’une quarantaine d’années. Il passa la nuit sous surveillance. “L’argent, les bijoux, les vêtements, il n’y avait plus rien. Je ne sais pas si ça a été pris ou détruit”, poursuit-il. Comme M. Lu et sa famille, les expulsés, qui pratiquent une agriculture de subsistance et exercent divers métiers, ont été recueillis par des parents en ce Nouvel An chinois.

Ces cas de prédation paraîtraient banals dans cette Chine ouverte à tous les excès si, mi-décembre 2007, n’avait circulé sur Internet, au nom des 250 familles de Shengzhuangcun, une déclaration à la portée explosive. Ses signataires rappellent l’histoire ancienne du village, sous les dynasties passées, et déclarent s’émanciper des terminologies de “propriété collective” - la terre en Chine n’appartient pas aux paysans, elle est collective, seul le comité du village étant habilité à en disposer - et de “droit d’usage” - chaque famille reçoit un lopin pour son usage personnel, avec un bail de trente ans - qui prévalent depuis la fin des années 1970. Au motif que leurs droits sont bafoués et que les projets entrepris au nom de l’intérêt public, qui seul autorise l’expropriation, sont de nature privée. “Nous déclarons au pays que les terres où nous habitons nous appartiennent de manière permanente ainsi qu’à nos descendants” et que “celles prévues pour l’agriculture ou en zone montagneuse seront réparties de manière équitable entre les villageois”.

Surtout, la pétition des villageois de Shengzhuangcun a surgi en même temps que les déclarations similaires de plusieurs groupes de villages du Heilongjiang et du Shaanxi, réunissant, en théorie, plusieurs dizaines de milliers de personnes. Ces déclarations, qui ont circulé en ligne en Chine avant d’être expurgées du réseau, ont bien sûr attiré l’attention. Elles font écho au célèbre pacte, alors secret, de ces villageois de Xiaogang, dans l’Anhui, qui en 1978 se répartirent les terres collectives pour les cultiver chacun de son côté - système qui fut ensuite généralisé avec pour résultat le statu quo actuel du “droit d’usage”. Dans le Heilongjiang et le Shaanxi, où des paysans auraient tenté de procéder à des partages, cela a conduit à des arrestations. A Shengzhuangcun, les paysans disent qu’ils ont confié leur histoire “à des gens qui nous aident à l’écrire, ce n’est pas nécessaire de dire de qui il s’agit”. Ils ignorent les autres déclarations et sont peu à avoir lu le communiqué qui les concerne.

Vraisemblablement instiguées par des militants en faveur de la privatisation des terres rurales, ces déclarations coïncident avec un changement de ton dans les campagnes depuis le passage, en mai 2007, de la nouvelle loi sur la propriété. “Ce qu’on sait, c’est que la loi sur la propriété est entrée en vigueur le 1er octobre 2007 dans tout le pays et que la propriété privée est protégée par la loi !”, martèle l’un de nos interlocuteurs. Fruit de compromis entre libéraux et communistes orthodoxes, la nouvelle loi reprend les règles qui encadraient déjà l’usage des terres rurales sans autoriser la propriété privée des terres. Mais elle sanctifie la propriété immobilière.

Les villageois ont donc cru à leur bon droit, car, au lieu d’un projet d’intérêt public, c’est un lotissement de villas de luxe qui sera bâti par un promoteur sur les ruines de Shengzhuangcun. Ils dénoncent un marché de dupes : les compensations sont maigres, mais il s’agit surtout de les forcer à se réinstaller sur leurs terres collectives classifiées comme agricoles, sans pour autant être constructibles.

“UN DÉNI DE JUSTICE FLAGRANT”

De Yixing, la ville dont ils dépendent, à Nankin, capitale de la province, on les renvoie d’une administration à l’autre. Ils engagent un avocat de Pékin, spécialiste des questions foncières. Le village se cotise et débourse en un an l’équivalent de 20 000 euros. Les plaignants perdent les deux procès lancés à Yixing et Wuxi : “Tous les éléments du dossier plaident en notre faveur. C’est un déni de justice flagrant, l’expropriation s’est faite sans l’accord obligatoire des autorités provinciales et le pouvoir administratif interfère grossièrement avec la justice”, affirme l’avocat, Me Wang Huangsheng.

Les villageois dénoncent la chaîne de corruption qui mine cette région riche du delta du Yangzi : du premier secrétaire du parti de Yixing, protégé par un membre du Politburo, aux édiles du comté, qui ont toujours désigné les chefs de village - que les villageois sont pourtant censés élire. Pendant un an, une machine ubuesque les persécute. “Ceux des villageois qui travaillent dans des administrations en ville se sont fait renvoyer chez eux, jusqu’à ce qu’ils signent. Des camionneurs, se font verbaliser sans arrêt”, explique M. Tang.

Un soir de juillet, une douzaine de voitures déposent des jeunes qui cassent les vitres et brutalisent les villageois, qui se défendent et finissent par en capturer sept. Ils reconnaissent avoir été envoyés pour “faire des dégâts”, mais la police les relâche sans donner de suite.

Brice Pedroletti
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Jiji



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Posté le: Dim, 03 Aoû 2008 19:08:55    Sujet du message:  

http://fr.youtube.com/watch?v=XF9K9808vCc&eurl=http://caichongguo.blog.lemonde.fr/2008/03/page/2/

http://fr.youtube.com/watch?v=UtNUcGgosKo&eurl=http://caichongguo.blog.lemonde.fr/2008/03/page/2/

un pouvoir sans contre-pouvoir ne ne rassasie jamais autre chose que sa propre soif de pouvoir.
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Jiji



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Posté le: Lun, 04 Aoû 2008 01:08:57    Sujet du message:  

http://observers.france24.com/fr/content/20080124-villageois-expulses-developper-zones-rurales
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chintok



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Posté le: Lun, 04 Aoû 2008 12:08:47    Sujet du message:  

C'est absoluement honteux ce qui se passe.

La Chine est grandes, "La Montagne est haute et l'empereur est loin", il y a beaucoup de malheurs de ce genre, mais l'abus de pouvoir des autorités locales ne date pas du pouvoir actuel, mais depuis l'empereur.

La ligne officielle du gouvernement est d'être proche du peuple, déclarée par le président HU Jintao, mais les exécutants locaux ont leur propre loi honteuse.
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Jiji



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Posté le: Lun, 04 Aoû 2008 21:08:26    Sujet du message:  

chintok a écrit: C'est absoluement honteux ce qui se passe.

La Chine est grandes, "La Montagne est haute et l'empereur est loin", il y a beaucoup de malheurs de ce genre, mais l'abus de pouvoir des autorités locales ne date pas du pouvoir actuel, mais depuis l'empereur.

La ligne officielle du gouvernement est d'être proche du peuple, déclarée par le président HU Jintao, mais les exécutants locaux ont leur propre loi honteuse. Imagines, je te frappe avec mes poings. Accepterais tu que je te dise "c'est pas moi, ce soint mes mains"? Tu te diras certaineùment à juste titre que je prend les gens pour des imbeciles... surtout qu'il n'existe pas d'opposition politique organisé..

Alors, on a: un système a parti unique, pas d'elections, pas de contre-pouvoir et interdiction de se defendre, gouverneurs nommés et imposés... des institutions organsés et modeles par ce même parti...
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Jiji



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Posté le: Lun, 04 Aoû 2008 21:08:43    Sujet du message:  

03.12.2007
L'ELEVAGE DES FOURMIS


Wang Fengyou, le PDG de Yilichen, en grand timonier au temps de sa splendeur

Inutile de taper sur un moteur de recherche "Yilichen" en Chine, tous les liens menant à ce mot fatidique sont coupés.

La cyber police chinoise a bien fait son travail. Sauf que bloquer Internet c’est un peu comme avec les crues du Yangzi. Pékin a beau mobiliser des dizaines de milliers de soldats qui entassent des sacs de sable pour arrêter les flots, l’inondation arrive toujours à se faufiler.

Pourquoi cette obsession à effacer toutes références à Yilichen ? Parce que ce nom a fait descendre des milliers, peut être des dizaines de milliers, de gens dans les rues de Shenyang.

L’affaire est donc archi-sérieuse. D’autant plus grave que l’événement a eu lieu dans la province du Liaoning, l’ ancienne Manchourie. L’homme qui était il y a quelques semaines encore le numéro un du P.C. local, Li Keqiang est entré au Comité permanent du Parti communiste chinois au 17ième Congrès en octobre. Une telle promotion suscite inévitablement des jalousies. De là que ses petits camarades en profitent pour glisser une peau de banane sous ses pieds ou ceux de son mentor...

Les manifestants étaient des éleveurs de fourmis. D’ordinaire, cet élevage se cantonne aux labos d’entomologie. Il n’a rien de traditionnel en Chine même si ces insectes entrent dans la composition de liqueur, de médicaments voire de plats.

L’élevage de fourmis est une création des réformes, du passage à l’économie de marché dont le principe en Chine est que tout est permis, la réussite mesurée à l’aulne du seul profit séparant le bon grain de l’ivraie.

Le promoteur de cette innovation est une firme appelée Yilichen dont le patron est Wang Fengyou. Récemment la condamnation à mort d’un autre spécialiste de l’élevage des fourmis, toujours dans le nord-est de la Chine, Wang Zengdong (sans relation de parenté avec le premier) donne un aperçu du fonctionnement de cette industrie. Seulement un aperçu. Le procès a eu lieu à huis clos.

Ce n’était pas les fourmis que cultivait Wang Zengdong mais les éleveurs de cet insecte qu’il trayait pour financer des ambitions moins cocasses : machine outils, chimie... . Chaque recruté investissait dans des cages. A date régulière, un employé passait collecter le produit de ces élevages et versait une somme en liquide. La fourmi n’est pas exigeante. Etre vaporisée d’un peu d’eau sucrée lui suffit. C’était pour des chômeurs, des retraités ou des femmes à la maison, le plan facile pour mettre un peu de beurre dans les épinards jusqu’à ce que l’entreprise s’écroule laissait un trou de 400 millions d’euros. Il ne restait plus aux crédules que de réclamer la tête du coupable. Ceux présents dans la salle d’audience ont applaudi à tout rompre la sentence. Les voilà vengés à défaut d’être remboursés !



Selon Yilichen, les insectes servaient à des aphrodisiaques et des fortifiants vendus sous la marque "Le pouvoir de la fourmi". Les Chinois ont un goût prononcé pour ce genre de drogue sensée durcir là où il y a du relâché. Il suffit de voir le nombre d’affiches collées dans les toilettes publiques, de pubs dans les journaux pour saisir que cette offre abondante répond à une demande. Malheureusement, une industrie qui vend du vent attire forcément les aigrefins comme le sucre les fourmis.

Wang Fengyou avait pignon sur rue. Pendant huit ans, il a été régulièrement décoré du prix du meilleur entrepreneur ou de la meilleure entreprise de sa province. Il démarchait les candidats à l’élevage de fourmis en passant des pubs à la télé.

Mais cette façade de respectabilité cachait un gouffre financier. Wang Fengyou surnageait en prenant l’argent des uns pour le donner à d’autres, en "construisant le mur de l’ouest avec une brique du mur de l’est!" résume un Internaute.

Wang Fengyou n’était sans doute pas au départ un escroc. C’était un type qui s’est improvisé homme d’affaires parce qu’il voulait être riche, et très vite, et qui n’était pas regardant sur les moyens. Il y en a un paquet des comme lui en Chine. C’était en quelque sorte un joueur qui a perdu la main et n’a pas su s’arrêter :
"J’ai travaillé comme directeur chez Yilichen pendant un an. Je ne comprenais pas alors que ses produits ne se vendaient pas, que chaque succursale était endettée, comment Yilichen affichait de gros bénéfices. J’ai ensuite réalisé que tout reposait dans sa capacité à drainer l’épargne des habitants de la province du Liaoning (dont la capitale est Shenyang NDLR)... Yilishen projetait d’entrer à la bourse de Hongkong mais l’incident du viagra ( l’administration américaine découvre que les produits sensés à base de fourmis contiennent du viagra et interdit l’exportation aux Etats Unis NDLR) a ruiné cet espoir. Si Yilichen avait réussi à être coté, la société aurait levé 140 millions d’euros et aurait pu tourner la page de l’élevage de fourmis. Mais un homme ne peut déjouer son destin, et à partir de ce moment Yilichen était incapable de s’en tirer et ne pouvait que continuer à augmenter le nombre d’éleveurs, utilisant l’argent des derniers entrants pour payer les autres. Normalement une combine comme ça ne peut pas durer mais avec l’obstination de Yilichen, le soutien du gouvernement et des médias, la boule a continué de rouler et des ignorants ont continué de croire qu’un gâteau leur tombait du ciel."

Cela faisait un moment que Yilichen était sur le fil du rasoir :
"Comment autant de gens peuvent-ils se retrouver piégés ? Comment un mensonge si évident peut-il durer aussi longtemps ? Je viens de trouver un article publié à Chengdu ( province du Sichuan à l’autre bout de la Chine NDLR) par "Avant Garde" et titré : "Yilishen, la folie derrière 1.5 milliard d’euros levé". D’autres informations ont été réunies par des sites Internet de Pékin... avec assez de chiffres pour qu’un rédacteur en chef se passe de boire du café. Un exemple : le nombre de "cultivateur professionnel" a augmenté de plus de 40% par an, pour atteindre le total de 270 000 personnes, avec un investissement moyen de 4 200 euros, pour un total supérieur à 1 milliard d’euros !"

Certains ont pressenti l’arnaque:
"Quand j’ai vu à la télé il a y plusieurs années un spot de cette société, je me suis dis qu’on se moquait encore une fois du peuple... Le marché chinois des suppléments pour la santé est bâti par des sangsues qui saignent le peuple. D’un côté, on séduit les gens torturés par la misère au point de ne pouvoir relever la tête afin d’admirer le ciel et d’aspirer une goulée d’air pur en volant le peu d’argent qu’ils ont gagné avec leurs larmes et leur sang en leur faisant espérer de s’enrichir, et en même temps, on met des publicités mensongères pour vendre des produits à dix fois leur véritable prix.
Cet événement révèle combien le marché des suppléments pour la santé est malhonnête. Si le gouvernement ne renforce pas sa supervision, le sang et la sueur d’un grand nombre de gens continueront de couler, et un jour il y aura des foules en colère".

La suite est narrée par un chroniqueur à la plume précise :
"Il était une fois en Chine une société appelée Yilicheng. Cette société vendait des médicaments et des fortifiants à base de fourmis. Comment une telle société s’assure-t-elle une fourniture adéquate en fourmis afin d’extraire les ingrédients nécessaires à la préparation de ses produits ? Yilichen profitait du comportement discipliné bien connu des fourmis et de leurs éleveurs. Chaque fermier payait un droit d’entrée de 1 000 euros et la société lui vendait ensuite l’équipement pour l’élevage. Le fermier était rémunéré selon le nombre de fourmis récoltées à un prix qui lui assurait un bon profit à condition de remplir le quota qui lui était fixé. Des centaines de milliers de personnes ont signé.
Récemment Yilichen a cessé de payer les fermiers. La rumeur coure que la société a fait faillite et que ses dirigeants sont en fuite. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont convergé vers le siège de la société pour protester. N’obtenant rien, elles ont assiégé le siège du Parti communiste de la province du Liaoning, débordé le cordon de policiers, déployé des banderoles et hurlé des slogans. La police est en alerte maximale. Dans l‘intervalle, les discussions sur ce sujet ont été censurées sur Internet."

Voici le portait d’un fermier ruiné. C’est la sœur d’un Internaute. Elle a perdu entre 20 et 30 000 euros :
"Pour une personne normale qui gagne juste un salaire normal, chaque billet mis de côté est aussi douloureux que de s’arracher une dent. Cette somme évanouie, c’est dix ans d’efforts de la part de ma sœur. Quand vous misez tout sur un seul pari, comment rester calme quand tout est perdu..."

Les victimes de cette escroquerie sont souvent les plus vulnérables :
"Un voisin est éleveur de fourmis, son humeur était encore pire que la mienne, je dirais qu’il était presque fou de désespoir... Ce type est vraiment quelqu’un qui n’a rien. Sa mère est morte alors qu’il était jeune et son père a été pendant des années malade. Le gouvernement lui a donné 8000 euros comme indemnité d’expropriation. Mais c‘est insuffisant pour acheter un nouvel appartement. Il a commencé à sortir avec une divorcée et vivait avec elle dans des logements loués. Elle était vendeuse, c’est plus facile pour une femme de trouver un travail : si elle n’a pas d’éducation, elle a au moins sa beauté..... Il a fait autrefois un peu de prison. Il trouvait une ou deux journées de boulot de temps en temps. Il vivait en retirant petit à petit de l’argent de son indemnisation. En mai, il a placé tout ce qui lui restait dans Yilichen. Et en octobre, soudainement, il n’a plus rien reçu de Yilichen. Yilichen l’a fait patienter et puis le 21 novembre... Maintenant on ne sait plus ce qui va se passer... Comment va-t-il manger ? Comment de tels escrocs sans scrupule peuvent –ils exister ? On se fout du peuple, le gouvernement ferme un œil et de l’autre il laisse faire !"

La hantise des autorités est que le public établisse un lien entre le pouvoir et Yilichen. Ce que s’empresse de faire cet Internaute:
"Le gouvernement est impliqué parce que les médias et Internet bloquent toutes les informations concernant Yilichen, et c’est seulement quand le gouvernement est impliqué qu’il réagit de cette manière !"

Et demande des comptes :
"Si Yilichen fait faillite, alors le gouvernement est complice ! Pour une société qui opère pendant huit ans, combien d’honneurs, combien de bénédictions ! De la survie de cette compagnie clairement dépend la survie de millions de gens... Mais le gouvernement s’en fout si nous vivons ou nous mourrons ! Le gouvernement n’a jamais eu l’intention de sauver Yilichen. Le gouvernement boit notre sang ! Maintenant il veut nos vies !!!!! Un flic a frappé quelqu’un (un manifestant NDLR). J’ai relevé son matricule : 11591. Les gars ! Apportez des bouteilles de baiju (alcool NDLR) pour lutter contre le froid ! Quand nous arriverons au siège du Parti communiste, nous déciderons de notre action et laisserons éclater notre colère ! Nous sommes le dos au mur ! La seule route pour nous est de marcher sur Shenyang et réclamer notre argent. Si nous restons assis à la maison nous n’aurons rien !"

Les méthodes de la police sont décrites en détail:
"Les éleveurs de fourmis et les policiers se sont bagarrés et il y a des blessés. Des policiers en civils se sont mêlés aux manifestants et ont arrêté les meneurs dès qu’ils les repéraient. Une femme a commencé à parler dans un mégaphone, immédiatement les flics en civil l’ont frappée puis ils l’ont embarqué dans un fourgon. Au début lorsque les flics ont commencé à battre les fermiers, on pouvait noter leurs matricules sur leurs badges d’identification, le lendemain, ils ont retiré le badge de leurs vestes. Le secrétaire du Parti communiste est venu et a fait un discours disant que le gouvernement n’était pas responsable des pertes des éleveurs de fourmis. Maintenant, des fermiers de toute la région et d’autres provinces viennent à Shenyang. Mais la police surveille les gares routières et arrête ceux qui viennent en car. Tous les postes de police ont reçu des instructions pour tenir à l’oeil les fermiers. Dans chaque quartier, les flics fiches les fermiers afin de les arrêter s’ils voulaient se rendre à Shenyang".

La répression plonge cet Internaute dans le désespoir et la rage :
"Le PC a toujours agi comme ça, en ne laissant personne savoir ce qui se passait... Vous voulez vous rebeller, allez-y ! L’armée est à leurs ordres, ce n’est pas comme au début du 20ième siècle sous le Kuomintang. Quel dommage que le vieux Chiang (Kai-shek NDLR) n’ait pas massacré d’avantage de "bandits" (terme employé à l’époque pour désigner les Communistes NDLR), qu’il ne les pas tous eu !"

Bien sûr, il y a ceux qui blâment les éleveurs de fourmis au nom du risque inhérent à tout investissement. Cependant le raisonnement est réducteur. Il oublie que le marché sans gendarme, c’est le règne des voleurs :
«L’investissement était-il volontaire oui ou non?
Est-ce que le gouvernement est responsable de chaque entreprise individuelle ?
Est-ce que chaque entreprise peut faire faillite ?
Est-ce que le gouvernement est responsable de chaque investissement qui se termine en faillite ?
Quelles sont les preuves que les fonds ont été illégalement levés ?
Le Nord-est (la Manchourie NDLR) est plein d’idiots !"

De toute façon, l’opinion critique toujours le gouvernement :
"Le gouvernement ne peut pas toujours avoir tort, et vous n’avez pas le droit de l’engueuler pour tout. Cette habitude est aussi vieille que le jour est long. Les affaires comportent des risques, les gens doivent apprendre à les assumer !"





Un esprit, probablement formé à la philosophie européenne, constate en substance que la Chine n’a toujours pas connu Les Lumières. Son éloge de la libre circulation des informations souligne à contrario les nuisances de l’absolutisme qui en aliénant les individus de leur libre-arbitre les rabaissent en une masse crédule :
"Cette escroquerie me donne matière à réflexion. Je crois que nous avons un réel besoin de plus d’informations, de débats ouverts et de la liberté de la presse afin de développer un esprit indépendant et critique et d’être capable de faire des choix informés en tout ce qui concerne notre vie, au lieu de croire et de suivre aveuglément les idées et les discours des médias officiels et de l’autorité
Renverser le régime actuel ne résoudra pas nécessairement le problème, si nous ne changeons pas le système socio-politique. Nous devons être très clair sur ce que nous voulons comme autoriser les médias, y compris Internet, à jouir de plus de liberté pour mener des investigations et pouvoir en publier les conclusions. Ce n’est que lorsque la société sera mieux informée que le peuple sera moins ignorant. L’éducation ne doit pas s’arrêter à la sortie de l’école, elle doit se poursuivre tout au long de notre vie. Dans une société (où la liberté d’information existe NDLR), des escroqueries comme celle-là ne pourraient durer car elles seraient exposées par... une presse libre et indépendante qui servirait de contre-pouvoir à l’autorité, et cela limiterait la corruption."
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chintok



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Posté le: Mar, 05 Aoû 2008 11:08:46    Sujet du message:  

Jiji a écrit: ..Renverser le régime actuel ne résoudra pas nécessairement le problème, si nous ne changeons pas le système socio-politique.

C'est exactement ça, la Chine a tout essayé, la xénophobie des boxeurs, la révolution par force de 1911 des républicains et celle de 1949 des communistes, elle n'ont rien apporté sinon la destruction de la tradition chinoise.

On a trouvé enfin quelque chose qui marche d'une manière sans précédente: on ne se dispute plus sur les idées politiques, mais travailler, créer, exporter.... Nous ne reverserons pas le régime car c'est tout d'abord impossible, et puis ce sera de remplacer un régime par un autre qui sera pareil, nous lui demandons seulement d'évoluer, réfomer à son rythme.

Le bonheur d'un peuple est comme un arbre qui doit pousser lentement.
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Jiji



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Posté le: Mar, 05 Aoû 2008 14:08:15    Sujet du message:  

chintok a écrit: Jiji a écrit: ..Renverser le régime actuel ne résoudra pas nécessairement le problème, si nous ne changeons pas le système socio-politique.

C'est exactement ça, la Chine a tout essayé, la xénophobie des boxeurs, la révolution par force de 1911 des républicains et celle de 1949 des communistes, elle n'ont rien apporté sinon la destruction de la tradition chinoise.

On a trouvé enfin quelque chose qui marche d'une manière sans précédente: on ne se dispute plus sur les idées politiques, mais travailler, créer, exporter.... Nous ne reverserons pas le régime car c'est tout d'abord impossible, et puis ce sera de remplacer un régime par un autre qui sera pareil, nous lui demandons seulement d'évoluer, réfomer à son rythme.

Le bonheur d'un peuple est comme un arbre qui doit pousser lentement.

Changer completement ce regime est une necessité, car plus que les renversements d'autocratie, c'est le pcc qui detruit la tradition chinoise, qui rase les villes pour pre fabriquer des copies vulgaires de villes americaines, destructions de liens sociaux et familialkes, apologie de l'imperialisme et de l'ecraseent de l'autre... disneylandisation des temples et quartiers des grandes villes... le régne du pcc est le régne de la violence. Le developpement de la Chine passe par la destruction de ce système.

Voici un billet expliquant bien la debilité du système pcc:

"13 décembre 2007
Si j’étais le président de la république
Des français me disaient à plusieurs reprise qu’ils trouvent la Chine est très dynamique et les choses bougent vite. La France ? Elle est morte…

J‘ai leur répondu : faite moi élire le président de la république française alors, j’ai les solutions dans la poche.

Si je suis élu, je prendrais les mesures suivants : Paris, Bordeaux et Marseille, Lyon, seront les zones spéciales économiques. Je les raserai et les reconstruirai dans le style news yorkais. Je transformerais par exemple le Louvre en grand supermarché ultramoderne et remplacerai le Notre Dame par un gratte-ciel, loué à IBM ou à Microsoft. Je céderais les terrains du bois de Vincennes et de Bologne, avec le prix symbolique aux patrons de grandes multinationales américaines, anglaises et allemandes. Pour cela, je devrais concentrer tout le pouvoir et supprimer l’Assemblée nationale et mettre tous mes copains au Sénat, suspendre le syndicat et contrôler le média et la justice, mettre la police partout.

Ensuite, je supprimerais le système de sécurité sociale, les subventions d’agriculture et rendrais les écoles à payantes, réduirais le salaire à dix fois de moins. Tout cela m’économiserait des milliers milliards des euros par an et je les investirais dans l’infrastructure et dans l’industrie aérospatiale afin d’envoyer une centaine de français par an sur la lune. Le nombre des policiers seront triplé. Toutes villes en France auront le métro le plus moderne, les ponts traversent la Seine et la Loire seront un à côté d’autre, le TGV ira jusqu’au sommet du Mont Blanc et couvrira tout le pays.

Avec la réduction de salaire et la suppression de sécurité sociale, les entreprises françaises seront mille fois plus compétitives que aujourd’hui et leurs produits exporteront massivement partout dans le monde. L’industrie d’autres pays en Europe sera écrasée par celle de la France. Si les allemands et les anglais ne sont pas contents et refusent de me suivre, la France se retirera de l’UE et je rétablirais les frontières et préparerais la guerre contre eux. L’industrie militaire française pourra ainsi se développer avec une grande vitesse. Cela donnera une vivacité supplémentaire à l’économie française.

Vous verre, la France sera encore plus dynamique que la Chine sous ma présidence. De plus vous comprendrez et apprendrez la « tradition chinoise » très vite. "

chintok, tu as une tête ou tu n'es qu'un ventere qui écrit? Répond moi sérieusement stp, j'ai d'autres questions pour t'expliquer le truc.
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chintok



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Messages: 77
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Posté le: Mar, 05 Aoû 2008 15:08:18    Sujet du message:  

Jiji a écrit:
chintok, tu as une tête ou tu n'es qu'un ventere qui écrit? Répond moi sérieusement stp, j'ai d'autres questions pour t'expliquer le truc.

J'ai toute ma tête donc je réclame toute la responsabilité des mes propos.
De plus j'ai deux pieds sur la Chine... Je travaile tous les jours avec des gens issues de la paysannerie chinoise donc le domaine n'a rien à voir avec le partir communiste.

A propos de la discussion sur la démocratie je t'ai répondu:
http://www.asia-home.com/forum/viewtopic.php?p=155804
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Jiji



Inscrit le: 07 Sep 2006
Messages: 109

Posté le: Mar, 05 Aoû 2008 18:08:59    Sujet du message:  

chintok a écrit: Jiji a écrit:
chintok, tu as une tête ou tu n'es qu'un ventere qui écrit? Répond moi sérieusement stp, j'ai d'autres questions pour t'expliquer le truc.

J'ai toute ma tête donc je réclame toute la responsabilité des mes propos.
De plus j'ai deux pieds sur la Chine... Je travaile tous les jours avec des gens issues de la paysannerie chinoise donc le domaine n'a rien à voir avec le partir communiste.

A propos de la discussion sur la démocratie je t'ai répondu:
http://www.asia-home.com/forum/viewtopic.php?p=155804

OK. Alors, si je t'invitait à ne pas avoir d'autres avis que dêtre d'accord avec moi, sous peine de te faire tabasser disparaittre? Si c'etait moi qui décidait de tout et toi, juste le droit de manger les miettes que je te jette et de m'obéir en tout et en plus d'en être heureux?

Je comprend pourquoi tu adores ce système, comment rejetter u systeme qui vous rend riche sur le dos des autres! Tu n'est pas représentatif du milliard de chinois qui s'appauvrissent et subissent le système. Tu n'es pas credible.
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Jiji



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Posté le: Mar, 05 Aoû 2008 18:08:23    Sujet du message:  

Cette terre est à nous, foi de paysans
LE MONDE | 23.02.08 | 15h02 • Mis à jour le 24.02.08 | 19h09SHENGZHUANGCUN (province du Jiangsu), ENVOYÉ SPÉCIAL

Sous la neige, on devine des murets à moitié écroulés, des tas de briques et de planches. Par endroits, une poutrelle se dresse vers le ciel. La maison d’He Xiawei était à l’entrée du village de Shengzhuangcun. Celle de Tang Zhonglian se trouvait en hauteur, il n’a pas le coeur à montrer son emplacement. Ce furent les deux dernières à être détruites, le 14 janvier. “C’est un site exceptionnel, c’est pour ça qu’ils le voulaient”, dit ce dernier. Les ruines font face à une vaste bambouseraie qui accueille depuis plusieurs années des touristes pour un prix d’entrée prohibitif, et qui a donné son nom, la “mer de bambous”, ou Zhuhai en chinois, au village élargi formé des anciennes localités fusionnées entre elles.

Un nouveau complexe hôtelier est déjà en chantier, tout près. Voici ce paysage vallonné couvert de bambous et de plantations de thé promis au tourisme de masse alors qu’il avait été épargné par le développement industriel intensif qui a défiguré cette région du Jiangsu, célèbre pour ses théières en argile, non loin de Wuxi.

Des 250 familles de Shengzhuangcun qui se battaient depuis plus d’un an contre l’expropriation illicite, selon elles, de leurs terres collectives, neuf avaient résisté jusqu’au bout. Début décembre 2007, les démolisseurs, protégés par des policiers casqués, lançaient leur assaut final. “J’ai été empoigné par les cheveux et me suis retrouvé dehors, en chemise”, dit Lu Jianxin, un homme d’une quarantaine d’années. Il passa la nuit sous surveillance. “L’argent, les bijoux, les vêtements, il n’y avait plus rien. Je ne sais pas si ça a été pris ou détruit”, poursuit-il. Comme M. Lu et sa famille, les expulsés, qui pratiquent une agriculture de subsistance et exercent divers métiers, ont été recueillis par des parents en ce Nouvel An chinois.

Ces cas de prédation paraîtraient banals dans cette Chine ouverte à tous les excès si, mi-décembre 2007, n’avait circulé sur Internet, au nom des 250 familles de Shengzhuangcun, une déclaration à la portée explosive. Ses signataires rappellent l’histoire ancienne du village, sous les dynasties passées, et déclarent s’émanciper des terminologies de “propriété collective” - la terre en Chine n’appartient pas aux paysans, elle est collective, seul le comité du village étant habilité à en disposer - et de “droit d’usage” - chaque famille reçoit un lopin pour son usage personnel, avec un bail de trente ans - qui prévalent depuis la fin des années 1970. Au motif que leurs droits sont bafoués et que les projets entrepris au nom de l’intérêt public, qui seul autorise l’expropriation, sont de nature privée. “Nous déclarons au pays que les terres où nous habitons nous appartiennent de manière permanente ainsi qu’à nos descendants” et que “celles prévues pour l’agriculture ou en zone montagneuse seront réparties de manière équitable entre les villageois”.

Surtout, la pétition des villageois de Shengzhuangcun a surgi en même temps que les déclarations similaires de plusieurs groupes de villages du Heilongjiang et du Shaanxi, réunissant, en théorie, plusieurs dizaines de milliers de personnes. Ces déclarations, qui ont circulé en ligne en Chine avant d’être expurgées du réseau, ont bien sûr attiré l’attention. Elles font écho au célèbre pacte, alors secret, de ces villageois de Xiaogang, dans l’Anhui, qui en 1978 se répartirent les terres collectives pour les cultiver chacun de son côté - système qui fut ensuite généralisé avec pour résultat le statu quo actuel du “droit d’usage”. Dans le Heilongjiang et le Shaanxi, où des paysans auraient tenté de procéder à des partages, cela a conduit à des arrestations. A Shengzhuangcun, les paysans disent qu’ils ont confié leur histoire “à des gens qui nous aident à l’écrire, ce n’est pas nécessaire de dire de qui il s’agit”. Ils ignorent les autres déclarations et sont peu à avoir lu le communiqué qui les concerne.

Vraisemblablement instiguées par des militants en faveur de la privatisation des terres rurales, ces déclarations coïncident avec un changement de ton dans les campagnes depuis le passage, en mai 2007, de la nouvelle loi sur la propriété. “Ce qu’on sait, c’est que la loi sur la propriété est entrée en vigueur le 1er octobre 2007 dans tout le pays et que la propriété privée est protégée par la loi !”, martèle l’un de nos interlocuteurs. Fruit de compromis entre libéraux et communistes orthodoxes, la nouvelle loi reprend les règles qui encadraient déjà l’usage des terres rurales sans autoriser la propriété privée des terres. Mais elle sanctifie la propriété immobilière.

Les villageois ont donc cru à leur bon droit, car, au lieu d’un projet d’intérêt public, c’est un lotissement de villas de luxe qui sera bâti par un promoteur sur les ruines de Shengzhuangcun. Ils dénoncent un marché de dupes : les compensations sont maigres, mais il s’agit surtout de les forcer à se réinstaller sur leurs terres collectives classifiées comme agricoles, sans pour autant être constructibles.

“UN DÉNI DE JUSTICE FLAGRANT”

De Yixing, la ville dont ils dépendent, à Nankin, capitale de la province, on les renvoie d’une administration à l’autre. Ils engagent un avocat de Pékin, spécialiste des questions foncières. Le village se cotise et débourse en un an l’équivalent de 20 000 euros. Les plaignants perdent les deux procès lancés à Yixing et Wuxi : “Tous les éléments du dossier plaident en notre faveur. C’est un déni de justice flagrant, l’expropriation s’est faite sans l’accord obligatoire des autorités provinciales et le pouvoir administratif interfère grossièrement avec la justice”, affirme l’avocat, Me Wang Huangsheng.

Les villageois dénoncent la chaîne de corruption qui mine cette région riche du delta du Yangzi : du premier secrétaire du parti de Yixing, protégé par un membre du Politburo, aux édiles du comté, qui ont toujours désigné les chefs de village - que les villageois sont pourtant censés élire. Pendant un an, une machine ubuesque les persécute. “Ceux des villageois qui travaillent dans des administrations en ville se sont fait renvoyer chez eux, jusqu’à ce qu’ils signent. Des camionneurs, se font verbaliser sans arrêt”, explique M. Tang.

Un soir de juillet, une douzaine de voitures déposent des jeunes qui cassent les vitres et brutalisent les villageois, qui se défendent et finissent par en capturer sept. Ils reconnaissent avoir été envoyés pour “faire des dégâts”, mais la police les relâche sans donner de suite.

Brice Pedroletti



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Jiji



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Posté le: Mar, 05 Aoû 2008 18:08:29    Sujet du message:  

10 octobre 2005
Taishi...
Puisque le reportage d'Abel Segretin à Taishi est inaccessible sur les ordinateurs chinois, le voici...

Monde

Un village chinois en révolte contre la corruption
Des paysans spoliés de leurs terres tentent d'obtenir justice de Pékin.

Par Abel SEGRETIN
lundi 10 octobre 2005


Taishi envoyé spécial

endant trois mois, les habitants de Taishi, un village du sud de la Chine, ont tenu tête à leur chef. Aujourd'hui, ils vivent dans la peur et la répression. La recette du conflit est classique : des cadres locaux corrompus qui vendent la terre des paysans sans les dédommager, ce qui entraîne des manifestations et des pétitions, suivies d'une répression brutale. Mais ce cas est exceptionnel par sa durée : trois mois au total, durant lesquels les villageois ont tenu tête aux autorités.

Plus d'espoir. Avant d'être arrêté (lire encadré), nous avons pu rencontrer un des villageois mécontents. Cet homme robuste, le visage encore tuméfié des dernières manifestations, avait l'air terrifié par notre présence. Sa femme est détenue par la police. Les hommes de main du chef du village l'ont menacé. «Ils m'ont dit que si je continue à m'opposer, je perdrai tout ce que je possède encore et ma fille ne pourra plus aller à l'école. J'ai dû retirer mon nom de la liste. A qui pouvons-nous nous plaindre ? Il n'y a plus d'espoir.»

Taishi était autrefois un village prospère de la région de Canton - la plus riche du pays -, avec de bonnes terres produisant des bananes et de la canne à sucre, et quelques industries légères. Au milieu des années 90, Taishi est déclaré «zone de développement». Ce qui autorise le chef élu du village, Chen Jinsheng, à louer presque toutes les terres des paysans à de gros exploitants agricoles et à des entreprises sidérurgiques. Alors que Chen et ses proches s'enrichissent à vue d'oeil, chaque villageois privé de terre doit désormais survivre avec 700 yuans (70 euros) par an, contre près de 3 000 auparavant.

Fin juillet, les habitants font la demande aux autorités locales d'enquêter sur les comptes du village et d'organiser de nouvelles élections, comme le permet la loi. Environ 600 personnes sont signataires, soit pratiquement tous les foyers de ce village de 1 500 habitants. Le 16 août, l'un des meneurs est enlevé par des agents en civil, ce qui déclenche une manifestation. La police disperse la foule réunie devant le gouvernement du district, en blessant des dizaines de gens. Les villageois, furieux, contactent des journalistes et des avocats chinois, à leur tour menacés. Le 31 août, nouvelle manifestation accompagnée de grèves de la faim et nouvelle répression policière. Les habitants prennent le contrôle de leur village. Le 12 septembre, une troupe d'un millier de policiers charge Taishi avec des canons à eau. De nombreuses personnes sont blessées, dont une femme de 90 ans qui a trois côtes cassées. Les policiers ont repris d'assaut la mairie, où les villageois protégeaient les livres de comptes, preuve de la corruption. Guo Feixiong, un avocat soutenant les paysans, «disparaît». Des élections fantoches sont organisées. Subitement, les deux tiers des pétitionnaires retirent leur nom de la liste, suite à des chantages et des passages à tabac. Les livres de comptes, «examinés en haut lieu», sont déclarés propres. Fin septembre, deux avocats et une universitaire venus soutenir les paysans sont frappés par la milice locale. Taishi est ceinturé par des hommes de main qui bloquent les routes.

Terreur. Ai Xiaoming, une universitaire activiste de Canton, est allée plusieurs fois à Taishi pour parler aux villageois. La dernière fois, son taxi a été démoli à coups de chaînes. «C'est le règne de la terreur mafieuse, les lois n'existent plus. Tout ce qui compte pour ces dirigeants locaux, c'est d'isoler le village du reste du monde. Mais ils ont perdu la confiance du peuple, c'est très grave.» Cette femme courageuse a publié une lettre ouverte adressée à Hu Jintao et au gouvernement. Avec l'espoir que les dirigeants suprêmes soient plus impartiaux que les fonctionnaires locaux. Elle n'a reçu aucune réponse et son site web a été fermé.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=329880
© Libération

Monde

La presse étrangère muselée

Par Abel SEGRETIN
lundi 10 octobre 2005

Taishi
Les mercenaires recrutés par les autorités locales ne se contentent pas de tabasser les villageois mécontents et les avocats venus les aider. Trois journalistes étrangers venus enquêter sur place ont aussi été molestés en deux jours. Il est très rare en Chine de s'en prendre à des étrangers, ces violences montrent à quel point les autorités donnent carte blanche au chef du village pour faire régner l'ordre chez lui. Lors de notre passage, une vingtaine d'hommes à l'allure mafieuse nous ont retenus et malmenés durant vingt minutes. Tentant plusieurs fois de partir, nous avons été frappés et projetés au sol. Deux policiers alertés par les hommes de main nous ont arrêtés juste au moment où le cercle se resserrait sur nous. Au commissariat, les officiers ont refusé d'enregistrer notre plainte. Puis six membres du bureau de la propagande nous ont expliqué la «vraie» version du conflit, selon laquelle les villageois ont spontanément cessé de se plaindre. Ils nous ont ensuite donné un exemplaire du quotidien officiel de Canton en nous disant : «Tout a déjà été écrit en détail, vous n'avez plus besoin de travailler sur cette affaire.» Le lendemain soir, un journaliste du Guardian s'est lui aussi fait frapper à Taishi par des hommes de main et un Chinois qui l'aidait a été laissé pour mort. On est sans nouvelle de cet accompagnateur.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=329881
© Libération

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Jiji



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Posté le: Mar, 05 Aoû 2008 19:08:00    Sujet du message:  

CHINE - Graines de révolte au cœur de la paysannerie
Laissés-pour-compte de la croissance économique, les paysans chinois s'opposent à l'arbitraire de pouvoirs locaux spoliateurs et corrompus. La presse anglo-saxonne fait état des dangers pour Pékin d'une aggravation des inégalités criantes qui appauvrissent 900 millions de personnes dans les campagnes.

"La nouvelle mission historique de la Chine est de réduire les risques politiques du fossé qui se creuse entre les riches et les pauvres, et d'animer l'économie vaste mais encore traditionnelle des zones rurales, a affirmé le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, à l'occasion du discours officiel qu'il a prononcé le dimanche 5 mars 2006." The New York Times relève l'engagement du chef du gouvernement chinois lors de l'ouverture de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP), en présence de 3 000 délégués réunis dans le Palais du peuple à Pékin.

Le gouvernement chinois reconnaît que les disparités entre les revenus en milieu urbain et en milieu rural, où vivent les deux tiers des Chinois, sont au cœur des "troubles sociaux grandissants qui menacent la stabilité de l'Etat et le modèle du parti unique", note le NYT.

"La colère de la Chine rurale", titre en une Time Asia. Le magazine anglophone de Hong Kong cite l'exemple du village de Panlong, dans la province du Guangdong, où, pendant plusieurs jours, plus d'un millier de villageois ont protesté vigoureusement à la mi-janvier pour défendre leurs droits contre l'attitude des autorités locales. Ces dernières avaient récupéré les terres des paysans afin de les louer à une société hongkongaise à la recherche d'un site pour installer une entreprise textile. Or les paysans estimaient avoir été spoliés par les autorités locales, qui avaient retiré d'énormes bénéfices de cette opération. Mais les protestations des villageois ont été brutalement réprimées : au moins 20 personnes ont été grièvement blessées et une fillette de 13 ans a été battue à mort.

"Les manifestations locales violentes de ce genre secouent la campagne chinoise de plus en plus fréquemment, et Pékin s'est montré incapable de mater l'agitation", souligne Time Asia. "D'après les chiffres du gouvernement central, il y a eu 87 000 'troubles de l'ordre public' en 2005, soit 10 000 de plus qu'en 1994. La plupart ont eu lieu dans des hameaux reculés comme Panlong, où les paysans, qui formaient autrefois la colonne vertébrale du soutien au Parti communiste, se sentent exclus du développement économique tous azimuts de la Chine. Les 900 millions de paysans chinois, qui n'ont que peu de moyens de se défendre légalement ou politiquement, ont supporté de façon disproportionnée les effets secondaires de la croissance glorieuse de la Chine", à savoir la dégradation de l'environnement, la spoliation de leurs terres et le laisser-faire de Pékin envers les autorités locales.

"Aujourd'hui, la Chine est l'un des seuls pays au monde à laisser la responsabilité du financement de la protection de santé, de la sécurité sociale et de l'éducation entre les mains des autorités locales", insiste Time Asia. C'est une conséquence de plusieurs décennies de décentralisation impulsée par Pékin. Loin de l'image d'une Chine monolithique, le pays "a mué en un patchwork de provinces, de régions autonomes, de zones administratives spéciales et de mégamunicipalités, toutes ces entités ayant leurs bureaucraties et se fixant leurs objectifs".

Officiellement, les autorités centrales chinoises reconnaissent donc la situation sociale critique du monde des campagnes. Ainsi, le président Hu Jintao a présenté le mois dernier un plan ambitieux, un "New Deal pour les campagnes", reprend Time Asia. Mais ces préoccupations affichées du pouvoir central se sont rarement traduites par des résultats concrets pour la condition des paysans. En fait, "le gouvernement central n'a jusqu'ici pas traité la principale cause politique du nombre croissant de protestations : les paysans n'ont pas le droit d'agir en tant que groupe d'intérêt légitime".

D'après Time Asia, Pékin craint le pouvoir de citoyens organisés, considérés avec suspicion et souvent cibles de mesures de répression. "Si Pékin admet que plus de 80 % des doléances manifestées lors de ces prétendus 'incidents collectifs' sont légales et raisonnables, les autorités chinoises à tous les échelons sont unies dans leur intransigeance à l'égard des leaders des protestations, les qualifiant de 'mauvais éléments', de 'brutes paresseuses', d''individus agissant sous des motifs cachés', voire d''agents des forces antichinoises à l'étranger'."

Philippe Randrianarimanana


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Posté le: Jeu, 07 Aoû 2008 15:08:12    Sujet du message:  

26 novembre 2006
Une dégradation humaine invisible
Depuis l’apparition de Internet, aux années 90, le gouvernement chinois obligé de donner certaines informations publiquement sur certains genres de événements comme les accidents de transport et des mines. Il sait bien que, sinon les rumeurs circulés sur Net puissent créer la panique incontrôlable. Il a ainsi crée un mécanisme nouveau de renouvellement de l’habitude de sa population.

Le 26 novembre, l’agence Xinhua a annoncé deux nouvelles explosions de mines de charbon. l’une s’est produit dans le province de Hei Long Jiang le 25 novembre, 18 mineurs disparu dont 15 cadavres trouvés. L’autre est survenue au même jour au province de Yun Nan, 32 morts et 22 blessés.

Je sais, peu des gens encore sensible de ce type de drame, en Chine aussi bien que en Europe. Au début, c’est-à-dire à la fin des années 90, on a été choqué, attristé par cela, la presse faisait les bruits, les journalistes se mobilisait….Maintenant, on est habitué. Même en France, si celle de l’explosion se produise aux Etats-Unis, en Australie ou en Russie en Pologne, la presse le prends comme un événement. Mais en ce qui concerne la Chine, cela est la chose ordinaire, normal. On a rarement vu le visage triste de membre de famille du victime, encore moins le visage de responsable des autorités. Les pauvres chinois sont trop nombreux, leur vie est évidemment moins chère.En Chine, certaines journalistes disent que, les rédactions de leurs journaux ne veux plus parler ce drame « sans valeur d’information ».

Je fais le commentaire sur les problèmes sociaux, économique et politique en Chine et en France, trois, quatre fois par semaine, parfois, deux trois fois par jour aux radios RFI, BBC, VOA, RFA ( Radio Free Asia), Deutsche Welle, Epochetime, pratiquement toutes radios qui ont la rédaction chinoise. Il y a un an ou deux ans, elles me faisaient parler quand une explosion de mine s’est produit. Maintenant, On n’en parle plus ou presque. Je leur comprends, on répète toujours, peu des gens y sont encore sensible. Un langage qui aura dû sa fonction fondamentale dans la société a perdu sa valeur.

Combien de ce genre de « la normalisation ou la banalisation de tragédie» se sont opéré et s’opèrent encore? On a été accablé par les arrestations arbitraires auparavant, on n’en est plus aujourd’hui, on a été stupéfié par le détournement d’un million yuan du fond publique, on parle aujourd’hui un peu s’il s’agit dix millions de dollars, on a été indigné par le licenciement de cent employés, on est calme quand on entend de dire que dix milles de ouvriers jeté dans la rue. Un hôpital laisse un patient à mourir devant sa porte, une école refuse un élève pauvre étaient les choses inimaginables il y a peine 15 ans, tu seras considéré comme un imbécile aujourd’hui si tu en es en colère. Un gouvernement menteur a été méprisé, il est respecté, admiré, avec ses mensonge renouvelé sans cesse.

C’est comme la consommation de la drogue, on veut toujours plus fort. On a besoin toujours de plus grand, encore plus grand de drame pour être choqué. Pousser la limite psychologique et morale soutenable des hommes à plus loin possible, c’est un des nouveaux rôles mondiales de Chine aujourd’hui. Les hommes deviennent ainsi plus en plus cyniques joyeusement.

Cai ChongGuo

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Posté le: Ven, 08 Aoû 2008 15:08:55    Sujet du message:  

http://www.aujourdhuilachine.com/actualites-chine-reportage-repression-des-expropries-de-qianmen-8540.asp?1=1

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